Le livre du lundi: A Darker Shade of Magic

A Darker Shade final for Irene

de V.E. Schwab

Imaginez qu’il existe des mondes parallèles. Imaginez que la magie existe aussi et que, grâce à elle, un jeune homme soit capable de voyager à travers ces mondes. Son nom est Kell et son don unique lui permet de porter des messages aux monarques des trois différents Londres. Le Gris, celui qui ignore tout de la magie, le Rouge, là où Kell a grandi et le Blanc où les gens sont prêts à tout, même à tuer, pour grappiller la moindre once de pouvoir. Le jeune magicien a malheureusement un petit vice : il fait de la contrebande en passant des objets à travers les mondes (pour le compte de collectionneurs, de curieux ou pour sa réserve de trésors personnelle) or c’est complètement interdit et même considéré comme un acte de haute trahison. Seulement Kell continue son petit trafic et ne regrettera ce travers que lorsqu’il le mènera droit dans un piège : en possession d’un sinistre artefact et poursuivi par de puissants ennemis.

OMG ce livre !!

J’adore la façon dont Schwab plante le décor. Elle procède par touche, crée une ambiance mystérieuse faite de brouillard qui s’attarde sur les pavés sombres, de faibles lueurs qui émanent de-ci, de-là, de ciel couleur cendre, de silence et de sons feutrés. Mon dieu, c’est délicieux à lire ! Sa plume est très riche, souple et poétique, elle me donne parfois envie de la lire à haute voix. Elle est si précise qu’on peut voir les nuances de gris, de rouge et de blanc, entendre les teintes des voix, ce que sous-entendent les murmures et les gestes à double sens.

Dès les premières pages, l’auteure nous emporte dans le processus du voyage à travers les différents mondes, sans être trop spécifique, sans donner trop d’explications, juste comme ça, parce que c’est ce que son personnage fait et que, ça peut vous paraître étrange mais pour lui c’est tout à fait normal. J’adore cette subtilité ! On est séduit, intrigué mais pas laissé dans le noir, on comprend vite et cela permet une immersion immédiate dans l’histoire.

Tout en étant subtile, Schwab ne perd pas de temps. On entre dans l’histoire au milieu d’une scène, on est tout le temps en mouvement. L’auteure alterne des descriptions et des dialogues présents à des réminiscences et les imbrique avec fluidité ce qui donne du relief à la narration. Aussi, on change souvent de point de vue ce qui dynamise le récit. Tous cela mêlé à l’ambiance sombre et au sentiment d’intimité que l’on éprouve auprès des personnage provoque la réunion de deux textures opposées, un clash et rend la lecture captivante. Certaines scènes sont assez violentes, il y a beaucoup de sang et White London est vraiment sans pitié ce qui procure à l’histoire de réels enjeux. Ce n’est pas un de ces romans où on sait qu’il n’arrivera rien à nos personnages préférés ; ici, on a peur pour eux tout le temps !

Et quels personnages ! Kell. Il y a en ce jeune homme quelque chose de très attirant, pas vraiment attachant tout de suite mais attirant. Il est le seul à faire ce qu’il fait, même dans les mondes où la magie est pratiquée couramment, il reste unique et du coup il attise la curiosité, l’envie. Sa dégaine, ses yeux étranges et son attitude nonchalante, plus le fait qu’il ne se souvient de rien des cinq premières années de sa vie, tout cela joue bien sûr a créer cette aura mystérieuse et envoûtante qui l’entoure. Il est aussi ambiguë, il parle peu et même s’il essai de faire ce qui est juste, il y a un part sombre en lui dès le départ : il ne souhaite faire de mal à personne mais reste un trafiquant, un menteur par omission. Ce qui rend ce personnage crédible, profond, imprévisible et ses relations avec les autres très intéressantes.

D’autres personnages valent aussi le détour. Holland est intriguant, on ne sait pas vraiment si on peut lui faire confiance mais on n’a pas envie de le détester, on a envie d’en apprendre tellement plus sur lui! Lorsque l’on rencontre Rhy, on ne peut s’empêcher de l’adorer et la dynamique de sa relation avec Kell est exaltante : le premier est beau parleur et le second plus discret mais les piques qu’ils s’envoient sont fort drôle et la preuve d’une complicité adorable. J’ai mis plus de temps à accepter Lila. Bien que je l’adore seule, que j’admire son courage, sa ténacité, que j’aime qu’elle soit futée et indépendante, je n’ai pas trouvé sa rencontre avec Kell très touchante. Mais peut-être que les prochains tomes me feront changer d’avis (et oui ! C’est le premier tome d’une série de je ne sais pas combien de volumes. Le prochain sort, normalement, le 23 février 2016!!).

Et ce qui m’a un peu chafouiné avec Lila c’est aussi qu’elle fait office de moldu de base. Je m’explique : dans certains romans de fantaisie ou de SF, on croise parfois un personnage qui débarque de sa cambrousse, un noobs, un newby, un moldu à qui on doit tout expliquer. En gros, il pose les questions que le lecteur se pose lui-même et permet des dialogues explicatifs plein d’informations très utiles mais qui, parfois, arrivent comme un cheveux sur la soupe. Or Lila prend parfois ce rôle alors que l’univers de Schwab n’en a pas du tout besoin. Sa plume a fait le travail, on n’est pas perdu lorsqu’on suit Kell à travers les mondes, on a tout compris. Peut-être que tout n’a pas été expliqué noir sur blanc mais on s’est imprégné de cet univers, il y a beaucoup d’informations qu’on avait juste ressenti et c’était suffisant. Le besoin d’explication de Lila ont apporté quelques minuscules longueurs et quelques infimes redondances si bien que, dans les premiers temps, j’ai douté de la légitimité de sa présence dans l’histoire. Ne vous en faites pas, ce doute s’est dissipé bien vite.

Comment vous dire maintenant sans trop ressembler à une fan de Justin Bieber en manque à quel point j’ai hâte de lire la suite ? Aaaaah ! Je pense que je vais très vite essayer de trouver Vicious, le roman précédent de V.E. Schwab pour continuer de lire sa belle plume et attendre patiemment la sortie du tome 2 des aventures de Kell.

J’ai lu ce livre en V.O, je le comptabilise donc pour mon challenge Reading in English 2015/2016 😉 Et je conseille cette lecture à ceux qui sont à l’aise en anglais: j’ai moi-même appris plein de nouveaux mots ^^

Challenge Read in English 2014-2015

Marion

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8 réflexions sur “Le livre du lundi: A Darker Shade of Magic

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