Le livre du vendredi : Le caveau de famille

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Récemment je vous ai parlé du roman Le mec de la tombe d’à côté  que j’avais beaucoup apprécié et qui n’avait fait que renforcer mon intérêt pour la littérature suédoise.

J’ai donc lu la suite Le caveau de famille malgré tous les bons conseils qui me mettaient en garde… Et je dois bien avouer que mon avis est assez mitigé.

En refermant le livre je me suis confrontée à un petit dilemme personnel. En effet, selon moi, il y a deux manières complètement différentes d’aborder cette lecture.

Première possibilité : considérer simplement ce roman comme une suite du premier et s’attendre du coup à retrouver le même humour et le même type de rebondissements. Et du coup être forcément déçu car c’est beaucoup moins drôle et il ne se passe rien.

La deuxième possibilité consiste à aborder cette lecture d’un point de vue beaucoup plus « profond » en considérant que l’auteur se sert de son récit pour poser une critique sociétale acerbe mais très juste sur l’amour, le couple, la parentalité, la sexualité et l’agriculture. (Oui oui rien que ça !) Et tout de suite le roman prend vachement plus de sens.

(Attention, cet article spoil un petit peu. Rien de bien méchant mais si vous êtes un puriste du genre je préfère vous avertir).

On retrouve donc Benny et Désirée exactement là où on les avait laissés à la fin du premier tome : avec une sorte de « Happy Ending » qui n’en est pas vraiment un, séparés et pourtant incapables de tirer un trait sur leur histoire, avec ce pari un peu fou de tenter de faire un enfant, non pas pour sauver leur relation, mais simplement parce qu’ils en ont très envie.

Benny et Désirée ne se ressemblent en rien : elle travaille dans une bibliothèque et vit dans un appartement épuré, il est agriculteur et vit dans une ferme. Avec l’arrivée du premier enfant ils choisissent malgré tout de vivre ensemble et Désirée vient s’installer à la ferme.

A partir de là, le reste du roman se noie dans un épais brouillard de fatigue, de disputes, d’incompréhension, d’animosités, de rancunes et j’en passe. Disons-le clairement : Désirée et Benny ne sont pas heureux.

Les enfants se succèdent si bien que Désirée qui aimait tant son travail se retrouve plus souvent à la ferme que derrière son bureau. Et cela ne lui convient pas du tout.

De la même manière Benny qui rêvait d’une femme au foyer qui pourrait lui donner un coup de main à la ferme se trouve confronté à Désirée qui met les enfants à la crèche et retourne bosser dès qu’elle en a l’occasion, n’a aucune passion pour les vaches ni pour les tâches ménagères et se plaint de ne pas pouvoir partir en vacances.

D’où le constat très fort qui ressort du livre : l’amour ne suffit pas et parfois les différences entre les couples ne peuvent être surmontées. Benny et Désirée ont fait le choix de tenter quand même, techniquement ils y arrivent mais ils ne sont ni épanouis ni heureux car ils ne sont pas acteurs de leur vie. Tous leurs choix semblent se faire par défaut y compris les grandes décisions comme de se marier ou de faire des enfants.

Derrière l’humour de l’auteur, on découvre en effet un constat assez effroyable sur la parentalité,  sur la fatigue d’élever des enfants, fatigue qui mène parfois à des erreurs dangereuses. Et la vie sexuelle de Désirée et Benny qui vendait sacrément du rêve dans le premier tome devient tout d’un coup nettement moins enviable.

Finalement, c’est comme si l’auteur écrivait en grand et en rouge : « attention, les enfants détruisent votre vie professionnelle, votre couple et votre sexualité et vous ne pourrez rien faire contre ça ». Et ces constats ne sont absolument pas nuancés par les bons moments éventuels que les personnages pourraient avoir avec leurs enfants

L’auteur aborde également d’autres thèmes comme la contraception, l’allaitement et l’accouchement, avec un regard que l’on peut trouver soit réaliste soit très dur selon nos opinions.

L’auteur évoque également les difficultés rencontrées par les agriculteurs et fermiers indépendants face aux réglementations de plus en plus complexes et à la concurrence des grands groupes (comme quoi, France VS Suède même combat).

Je ne peux donc pas dire que j’ai été déçue par cette suite. Certes, ce n’était pas du tout ce à quoi je m’attendais mais avec un peu de recul et avec un angle d’analyse complètement différent, j’ai trouvé ce roman à la fois intéressant et enrichissant.

Et, dans le fond, c’est quand même bien ce qu’on demande à un livre non ?

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4 réflexions sur “Le livre du vendredi : Le caveau de famille

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