« Pourquoi je lis. » by Lucie


Il y a quelques temps, Marion avait rédigé un article intitulé : « Pourquoi tu lis ? ». Du coup je me suis dit que ça serait marrant (selon ma définition toute subjective du mot marrant) d’écrire un article-miroir en donnant ma réponse à cette même question.

Marion expliquait qu’elle se trouvait souvent confrontée à des personnes assez dédaigneuses auxquelles elle devait expliquer (voir justifier) sa passion de la lecture.

Je ne sais pas si j’ai eu beaucoup de chance ou si je n’y ai tout simplement jamais fait attention mais je ne me souviens pas que l’on m’ait un jour posé la question du « pourquoi ».

Lire n’a jamais été une chose que j’ai dû défendre ou expliquer. La lecture m’a toujours entouré sans que je n’y fasse vraiment attention.

Avec une maman instit’ passionnée de littérature jeunesse j’ai toujours eu des livres autour de moi. J’ai même appris à lire toute seule à la grande frustration de ma mère qui mourrait d’envie d’observer le phénomène d’apprentissage chez les enfants d’un peu plus près et qui a donc été un peu blaz quand je me suis posée pépouze dans le canapé pour lui lire les 25 premières pages de Ratus.

(Rassurez-vous, si je me la pète parce que j’ai appris à lire à 4 ans il m’a fallu encore quelques années et 247 séances d’orthophonie avant de pouvoir prononcer une phrase correcte).

Tout ça pour dire que la lecture a toujours fait partie de mon quotidien.

Je ne considère pas la lecture comme un hobby ou comme un loisir. Faire du vélo, cuisiner, aller au cinéma, ce sont mes loisirs. Ce sont des choses pour lesquels j’aime me bloquer du temps.

Mais je ne bloque jamais de temps pour lire. Du moins pas consciemment. Je lis comme je mange, comme je dors, comme je rêve. Je lis presque sans y penser.

Dans mon entourage, la lecture a toujours été présente. Bien sûr je me suis vite rendu compte enfant que je lisais un peu plus que la moyenne mais ça n’a jamais fait naître en moi une quelconque interrogation.

Tous les gens autour de moi lisaient. Je ne suis jamais allé chez quelqu’un qui n’avait pas un livre posé dans un coin, le marque-page dépassant nonchalamment. Mes parents, leurs amis, mes grands-parents, mes amis… chacun lisait de manière différente, chacun à sa façon, quel que soit le niveau d’études ou le milieu social. Certains lisaient deux livres par an, d’autres trois par semaine, d’autres seulement l’été. Mais tout le monde lisait.

J’ai toujours emprunté et prêté les livres. J’en ai toujours offert et reçu en cadeau.

 Je ne me suis jamais sentie différente parce que je lisais et encore aujourd’hui je ne pense pas que la lecture me distingue particulièrement des autres.

Je lis, peut-être un peu plus que la moyenne d’accord, mais finalement je lis comme tout le monde.

 J’ai une vision complètement démystifié de la lecture. Pour moi ce n’est pas quelque chose de sacré, qui ne concernerait qu’un petit nombre d’élus et qui nécessiterait un timing ou un lieu particulier. Cette vision est accentuée par le fait que je travaille dans le service public, et donc avec des Médiathèque, où la notion lecture publique est omniprésente. Et l’un des principaux objectifs de la lecture publique et justement d’amener un maximum de gens vers la lecture, surtout ceux qui ne lisent pas !

Attention, je ne dis pas que la littérature ne nécessite pas qu’on lui prête une attention poussée. J’ai fait une prépa littéraire, une licence de Lettres et même un mémoire de Master sur les contes de fées ! Et ces études m’ont absolument passionnée. Et je m’incline tel un petit scarabée devant tous les gens illustres qui écrivent / lisent / parlent de la littérature bien mieux que moi.

 Je dis simplement que lecture et littérature ne sont pas forcément synonymes et que si la littérature s’enrichie de chaque analyse, la lecture elle ne nécessite rien d’autre qu’un peu d’envie.

Je ne dis pas non plus que tout livre est forcément bon à lire. Je continue de penser qu’il y a de très mauvais auteurs et d’autres au contraire complètement incroyables. Je dis juste que je ne tire ni de honte ni de fierté à avoir lu tel ou tel livre, tel ou tel auteur.

J’ai lu du Marc Levy et du Stephenie Meyer. J’ai lu du Proust et du Woolf. Je lis des auteurs français, anglais, américain, suédois, espagnol, argentin, et j’en passe. Je lis des classiques, de la littérature jeunesse, des policiers, des histoires d’amours. Je lis des romans, des nouvelles, des BD, des contes pour enfants.

Je lis dans mon lit, dans mon canapé, dans mon fauteuil, dans le bain, dans la voiture, dans le train, dans la file d’attente du supermarché, vautrée dans l’herbe… (Je lis même à la plage.)

Je pense que finalement j’ai eu la chance de ne jamais me retrouver face à des gens qui imaginaient les lecteurs comme des intellos à lunettes tout palots, terrés dans leur chambre. Par conséquence, je n’ai jamais eu à légitimer mon rapport à la lecture. Ni auprès des autres, ni du coup envers moi-même.

Je ne me suis jamais posée de questions, je me suis jamais demandé pourquoi je lisais, ni à quoi ça me servait. (Même quand je devais lire 5 bouquins par semaine à la fac ou que j’ai fait une overdose après avoir lu toute La Recherche du temps perdu.)

J’ai toujours adoré lire, j’ai toujours eu besoin de lire, et ça me suffisait.

Je ne me suis jamais demandée si le fait que les histoires que je lisais n’étaient pas réelles leur enlevait de la force. Pour moi la question du réel ou du non réel ne se pose même pas.

Je ne considère pas la lecture comme une échappatoire, comme quelque chose qui me permettrait de vivre ce que je ne peux pas vivre dans la réalité.

Je ne vois pas la lecture non plus comme une bulle qui m’envelopperait et me couperait du monde. La lecture ne m’entoure pas. Elle part de moi. Elle m’imprègne.

 Pour moi la lecture n’est pas meilleure que la vie réelle. La lecture c’est simplement de la vie en plus.

Je ne lis pas pour m’évader. Je lis pour me construire.

Chaque lecture est une expérience de vie à part entière avec ses doses de bonheur, d’apprentissage, de peur et de déception.

Chaque livre refermé me donne la sensation d’être plus forte et plus sage.

Je ne lis pas « pour » ni « parce-que ».

 Je lis.

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5 réflexions sur “« Pourquoi je lis. » by Lucie

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