Le livre du vendredi: Morwenna

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de Jo Walton

Morwenna est une estropiée. Elle est la moitié d’un couple de jumelle dont l’autre est morte dans un accident de voiture et depuis ce jour elle claudique et traîne la patte, incapable de se déplacer sans une canne. Mais même si elle ne peut plus courir dans les vallées galloises de son enfance, Morwenna reste forte car elle est brillante. Elle dévore livre après livre, science-fiction et fantasy, fait sien leurs univers et se consolide grâce à eux. Elles les adorent mais reste consciente que ces mondes appartiennent à la fiction. Car après tout elle sait, elle, à quoi ressemble les vraies fées.

Quel univers étrange ! C’est la première fois que je vois la magie décrite avec autant de subtilité et de complexité, avec autant de crédibilité je dirais même. Car ici, elle est presque conçue comme une croyance : ceux qui la pratiquent la verront telle qu’elle est alors que les sceptiques trouveront une explication qui leur convient mieux afin d’expliquer ce qu’ils voient ou ressentent. C’est très juste et il s’en dégage une atmosphère très mystérieuse, possiblement dangereuse mais aussi très agréable : un mélange envoûtant.

Le récit est sous forme de journal intime scrupuleusement tenu par Morwenna. Elle le rempli de sa vision perspicace et pénétrante du monde, de ses lectures (La sur-abondance de références littéraires peut ne pas plaire à tout le monde mais personnellement je n’ai pas trouvé cela gênant. Cela renforce la vraisemblance des personnages et donne de bonnes idées de lectures si on aime la SFFF.), de ses rencontres et de ses craintes. Morwenna est un personnage profond et solitaire. Prodigieusement intelligente, ça ne la rend pas insupportable pour autant car elle se pose des questions sur son environnement et tente de le comprendre du mieux qu’elle peut tout en restant forte de ses convictions et en ayant foi en son instinct.

Au fil des pages de son journal, elle nous raconte sa vie. De l’extérieur, si on ne prend en compte que les faits, c’est une vie tout à fait normale, voire un peu triste ; mais l’interprétation qu’elle fait des événements grâce à sa connaissance de la magie transforme ses journées banales en petites aventures.

Il n’y a pas vraiment d’intrigue, le roman pourrait continuer ainsi jusqu’à ce que Morwenna entre à la fac ou même jusqu’à sa mort. Pourtant on attend quelque chose. On est sur nos gardes, on redoute et on espère à la fois. Parce que l’auteure arrive à intensifier le mystère qui règne dans ce livre petit à petit. Elle nous fait mijoter jusqu’à ce que la tension, qu’on n’avait pas remarqué s’immiscer dans les pages, devienne presque palpable.

Personnellement, j’avais tellement mariner que j’ai été un peu déçue par la fin. Mais j’étais peut-être simplement déçue que ça se termine après tout. J’aurais bien aimé rester un peu plus longtemps avec Morwenna, Wim et les fées.

On peut toujours trouver un enchaînement de coïncidences pour réfuter la magie.

Il y a des choses affreuses dans le monde, c’est vrai, mais il y a aussi des livres magnifiques.

Marion

Vendredi 5 juin 2015

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9 réflexions sur “Le livre du vendredi: Morwenna

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