Le livre du vendredi : Miss Charity

murail-miss-charity

Je relis actuellement un roman de Marie Aude Murail, une auteure que j’adore, et du coup j’avais envie de vous ressortir cette chronique, écrite il y a quelques temps déjà, sur ce roman que j’avais adoré !


Lorsque l’on ère dans les rayonnages des bibliothèques, certains noms d’auteurs vous attirent l’œil immédiatement : c’est le cas de Marie Aude Murail. Auteure de romans pour enfants et jeunes adultes, elle a notamment écrit le fantastique Oh, boy ! qu’il faut avoir lu au moins une fois avant de mourir. La semaine dernière mon regard s’est finalement arrêté sur un bien gros livre, illustré par Philippe Dumas : Miss Charity, un roman (très) librement inspiré de la vie de Béatrix Potter, illustratrice anglaise*.

Angleterre, fin du 19ème siècle, Charity Tiddler, comme toutes les petites filles de cette époque, est élevée par sa bonne, loin du reste du monde. Pour ne pas devenir complètement névrosée, Charity monte sa ménagerie d’animaux blessés, apprend Shakespeare par cœur et dessine des champignons…

Le roman avance, la petite fille grandit et devient une adolescente solitaire, à la santé fragile, toujours aussi débordante d’idées, d’enthousiasme et de vie. Ni sa mère névrosée, ni ses finances limitées, ni son statut de femme, ne l’empêcheront de parvenir à ses fins.

Et plus le lecteur s’enfonce dans le roman, plus le paysage autour change. Propulsée dans la campagne anglaise, l’auteure nous dessine des situations à la Jane Austen, mêlant poésie des paysages et complexité des rapports humains.

Mais l’auteure ne se contente pas de nous dépeindre les petites anecdotes du quotidien et les merveilles de la nature. Dissimulée derrière un humour constant et une fausse naïveté, elle dénonce les travers de la société anglaise du 19ème siècle. A travers mille situations que va rencontrer l’héroïne et qui semblent parfois anecdotiques, l’auteure revient sur toutes les étapes de la vie d’une femme. La maternité (mortalité infantile, avortement), l’éducation (souvent par les autres, parfois dans des conditions désastreuses), le mariage bien sûr mais aussi l’émancipation à travers le travail. L’auteure aborde également d’autres faits de sociétés : drogue, homosexualité, traitements des maladies psychiatriques. Difficile de revenir sur tous sans raconter tout le roman !

Ces situations parfois dramatiques, toujours profondes, sont toutes vécues à travers le regard de Charity, voilant chacune d’entre elle d’une (fausse) ingénuité protectrice.

Miss Charity est également à hymne à la littérature anglaise. Par ses citations, ses situations et ses références, l’auteure nous donne tout au long du roman, l’envie de relire pêle-mêle William Shakespeare, Oscar Wilde, Bernard Shaw, Virginia Woolf, Jane Austen et Charlotte Brontë.

Un faux livre pour enfant donc, mais un vrai beau roman, qui réussit, dans un style admirable, à mêler quotidien d’une jeune fille du 19ème siècle, beauté de la campagne anglaise, hommages littéraires et grands combats de société.

Lucie


*Oui il y a bien un lien avec Harry : le choix de R.K.Rowling serait un hommage à la célèbre illustratrice anglaise.

Publicités

3 réflexions sur “Le livre du vendredi : Miss Charity

  1. Pingback: Le livre du vendredi : 3000 façons de dire je t’aime. | The Bloomsbury Muffin

  2. Pingback: Le livre du vendredi : Le tueur à la cravate | The Bloomsbury Muffin

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s