Le livre du vendredi: Coup de foudre à Austenland

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de Shannon Hale

Jane Hayes, graphiste New New-yorkaise de 33 ans n’en peut plus d’être célibataire et de ne tomber que sur des loosers. A sa plus grande honte, elle est aussi fan d’Orgueil et Préjugés – enfin surtout du film de la BBC et de Colin Firth en chemise mouillée – et pense que c’est pour ça que sa vie amoureuse est une catastrophe : Monsieur Darcy n’existe pas, en vrai. Alors pour exorciser son fantasme et repartir d’un bon pied, elle part trois semaines dans la campagne anglaise, plus précisément à Austenland, où l’on vit à la mode Empire et où l’on se glisse dans la peau de personnages qui auraient pu être écrits par Jane Austen elle-même. Et bien sûr, rien ne se passe comme prévu.

Je n’ose pas le dire souvent mais, mon dieu, quelle daube ! Peut-être me trouverez-vous sévère et je sais que je suis parfois snob mais là c’est totalement justifié.

Jane Hayes est un personnage creux, sans aucune faculté d’adaptation, elle est incapable de prendre une décision et n’a aucune classe. Impossible de s’identifier à elle, on aurait même tendance à penser qu’elle mérite sa mauvaise fortune en amour. Elle manque cruellement d’ouverture d’esprit, de maturité et ne cherche qu’un homme qui lui dira qu’elle est belle. D’ailleurs elle ne pense qu’à ça, à être la plus belle. Elle passe aussi son temps à changer d’avis : « je veux oublier les hommes -ah non, je veux rencontrer l’amour », « j’ai jamais rencontré quelqu’un qui me fait vibrer comme lui, sauf peut-être deux ou trois de mes exs »… Ses pérégrinations mentales se contredisent sans arrêt, dans le même paragraphe parfois, si bien qu’on n’arrive pas à cerner qui est Jane Hayes et qu’elle finit par nous soûler. Et puis qu’y a-t-il de mal à aimer Orgueil et Préjugés ? C’est manquer de goût et de culture de vouloir cacher une telle passion. A trente-trois ans, c’est faire preuve d’un manque effarant de personnalité.

Pour ce qui est de l’histoire, le scénario est non seulement prévisible mais aussi trop facile. Il est jonché de situations incongrues bien commodes pour faire avancer l’héroïne ainsi que de personnages secondaires sans profondeurs mais fort utiles (comme la vieille tante qu’on rencontre une fois et hop, qui meurt et laisse un héritage). Ce n’est donc ni crédible ni attendrissant et, malheureusement, ni même bien écrit. En effet, la plume n’est pas vraiment agréable ; certaines expressions ou tournures de phrases vous sortent complètement de la lecture et manquent autant de classe que le personnage principal.

Jane Austen avait beaucoup d’humour et en aurait peut-être rit mais je ne trouve pas que ce livre lui rende hommage. C’est dommage mais d’un autre côté ça m’a donné envie de relire Orgueil et Préjugés, le vrai.

Marion

Vendredi 3 avril 2015

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3 réflexions sur “Le livre du vendredi: Coup de foudre à Austenland

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