Le livre du lundi: Unwind

unwind

de Neal Shusterman

A l’époque à laquel Connor vit, l’avortement est interdit. Il a été remplacé par la possibilité de se débarasser de l’enfant une fois grand, si jamais il ou elle devient un fardeau ou ne comble pas les attentes de ses parents. Selon la loi, l’enfant n’est pas vraiment tué, toutes les parties de son corps seront réutilisées et, ainsi divisé, il pourra accomplir les grandes choses qu’il aurait été incapable d’accomplir dans son état d’origine. Ces enfants sont les unwind (les fragmentés. Ouais, beurk.) et Connor est l’un d’entre eux mais il ne compte pas se laisser faire.

Je vous entends déjà : « Encore un roman d’anticipation pour jeune adulte avec un ado qui se rebelle contre la société entière?! ». Mais c’est difficile de s’arrêter une fois qu’on est lancé dans un thème (rappelez-vous Lucie et sa période zombies) alors laissez-moi vous dire quand même !

C’est un livre qui, grâce aux multiples points de vue, pose des tas de questions directement au lecteur. A propos de la valeur de la vie, de la valeur d’un être humain, de l’âme, de la conscience, de Dieu, de l’homme qui se prend pour Dieu, de la notion de sacrifice. Nos propres certitudes sont sans cesse chatouillées (je parle en tant qu’athée). Les interrogations et les convictions des personnages appellent toujours le lecteur à participer au débat. Je me souviens avoir posé le livre plusieurs fois pour me demander « et moi ? J’en pense quoi ? ». Parce que l’histoire ne propose pas de réponse ou alors autant de réponses qu’il y a de points de vue ce qui permet de se placer au même niveau que chacun des personnages.

Ce livre est assez rude. Tous les romans d’anticipation dépeignent des époques difficiles et sombres que cela soit parce que des jeunes gens sont obligés de s’entre-tuer dans une arène, de trouver la sortie d’un labyrinthe, ou de renverser un gouvernement juste pour avoir le droit d’être différent. Mais là où Hunger GamesThe Maze Runner et Divergent vous font des bleus (de très gros bleus),Unwind coupe comme du papier. De part les thèmes abordés, peut-être plus théologiques, et de part le style de l’auteur sans fioriture, en retrait et extrêmement efficace (pratiquement tout en dialogue, la lecture est d’une fluidité absolue).

Alors oui, c’est une série mais sachez que je n’ai lu que le premier tome pour le moment et qu’il s’achève tout à fait comme il faut sans vous faire languir après le suivant. Donc si vous voulez vous arrêter là, vous pouvez.

Citation:

« I’d rather be used whole than in pieces, » Hayden says. (qui est mon personnage chouchou du livre, malheureusement, très secondaire).

Marion

Article initialement publié le Lundi 11 août 2014

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