Le livre du lundi: Nââândé !?

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de Eriko Nakamura

Lexique :

« Nândé » pourrait se traduire pas WTF ou par un des fameux « Pourquoi ?!? » de Cyprien. C’est l’exclamation japonaise devant un fait choquant/incompréhensible.

Nakamura nous raconte ses premières impressions de la vie parisienne où elle a échappée de justesse au Syndrome de ParisCe terme désigne le choc de certains touristes japonais qui, réalisant que le Paris idéalisé qu’ils s’attendaient à découvrir n’existe pas (voire même l’horreur que leur provoque la réalité) les obligent à se cloîtrer dans leurs chambres d’hôtels ou à rentrer directement dans leur pays.

Je n’ai pas particulièrement aimé ce livre. L’américain qui me l’a offert m’avait prévenue avec un petit sourire en coin « ça t’énervera mais lis-le ». Une amie japonaise qui a passé un an en France m’avait aussi mise en garde : « attention, cette auteure est étrange, c’est une présentatrice télé un peu fofole. Elle écrit beaucoup sur la France mais il ne faut pas croire tout ce qu’elle dit. ».

Et, oui, ça m’a énervé et j’ai refermé le livre sans avoir eu l’impression d’avoir trouvé la solution à cette incompréhension mutuelle mêlée d’envie entre les français et les japonais, mais surtout j’ai été déçue. Je n’ai pas du tout reconnu mes amis nippons vivants à Paris dans ses anecdotes, eux qui sont avides de découvertes et que rien des choses que l’auteure mentionne ne choquent. J’ai compris aussi ce que m’a dit mon amie : Nakamura décrit ses premières impressions des français après son entrée dans une société parisienne très aisée (c’est une France que déjà peu de français connaissent) et ne décrit que ça : les sorties dans les restaurants et les clubs chics et branchouilles (elle mentionne même le Baron, si je vous jure), les weekends à la campagne, la galère pour prendre un taxi,… Un taxi. A Paris.

Elle compare sans vraiment analyser les différences entre Paris et Tokyo (c’est généralement mieux à Tokyo, d’ailleurs), sans aller plus loin. C’est exactement ce que je reproche à beaucoup de livres français sur le Japon (fait que j’avais déjà mentionné lorsque je vous parlais du très beau Le Vide et le plein de Bouvier) qui regardent de haut les habitudes nippones.

Et puis en même temps il y a aussi du vrai dans ces pages. Toujours sans approfondir, Nakamura effleure les notions de liberté, d’envie et de devoir, de respect. Tous ces concepts que la France et le Japon abordent différemment.

Mais ce que ce livre (et surtout l’analyse de mon énervement après la lecture) m’a fait comprendre c’est qu’il ne sert à rien de prêcher ou de chercher des raisons. Premièrement : la découverte d’un pays, de ses us et coutumes est une expérience unique pour tout le monde. Deuxièmement : les différences culturelles entre les pays sont là, qu’on le veuille ou non, que ça nous plaise ou pas. Alors soit on s’adapte, soit on se trouve une nouvelle destination.

Marion

Article initialement publié le Lundi 14 juillet 2014

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